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La lettre du Président L'enracinement du Grand Orient de France sur Saint-Malo est ancien puisque la Triple Essence alluma ses feux dès 1772. L'identité corsaire, selon Yannick Rome, semble alors prédominer sur nos valeurs maçonniques classiques. Le fougueux atelier propose, en 1779, au Grand Orient d'armer une frégate et de l'expédier faire la course aux ennemis. La sage réponse de l'Exécutif obédientiel fut de recadrer les objectifs d'une Loge, fut-elle malouine, dans l'obligation d'entraide et d'harmonie entre les hommes de toute nationalité. Nous pouvons épiloguer sur les querelles de clocher picrocholines, entre la loge la Triple Essence de Saint-Malo et la Fidèle Maçonne à l'Orient de Saint-Servan. Il nous paraît plus judicieux de rappeler que la Triple Union à l'Orient de Dinan, fut installée en 1788 par la loge malouine Dauphine. Son titre distinctif rappelle l'union des trois états précédant 1789. Elle entre en sommeil durant la Révolution pour ne rallumer ses feux qu'en 1975. Le signe distinctif de la Loge fut largement débattu. Le patronyme de Surcouf, Frère prestigieux initié à l'île Maurice, la Bergère de Pierre, les Frères de la Côte furent proposés. Le signe distinctif de République Malouine fut enfin entériné. Il rappelait deux périodes historiques où Saint-Malo se gérait en République. En 1308 naissait la première commune jurée de Bretagne, en rébellion ouverte contre l'épiscopat du lieu, le pouvoir régalien absolu et les féodalités locales. Cette République oligarchique va perdurer quatre ans et se rallier volontairement et très opportunément à la couronne d'Henri IV, fraîchement converti au catholicisme, mais en conservant de substantiels privilèges. Le drapeau de Saint-Malo au-dessus du drapeau français rappelle ce coup d'éclat malouin. L'affaire est rappelée par notre infatigable chroniqueur malouin Gilles Fouqueron dans son ouvrage « La République Malouine », parrain à son insu du signe distinctif de notre Loge ! Six Vénérables se sont succédé apportant à la Loge le meilleur d'eux-mêmes Des Frères nous ont quittés pour raisons professionnelles ou personnelles. De nouveaux maillons ont été initiés ou affiliés à la République Malouine. Quatre Frères nous ont quittés pour l'Orient Eternel. L'ancien premier Vénérable Michel élu pour son ancienneté et sa sagesse maçonnique, rappelait avec malice que le coiffeur est le psychanalyste des dames. Le Frère Guy évoquait avec fierté son métier d'artisan à la "Manufacture Nationale de Sèvres". Le Frère Charles nous avait délaissés, à la fin de son existence, pour l'avantageuse compagnie d'Alain et de Montaigne. Le Frère François représentait pour nous la mémoire maritime de la Loge. L'Orient Eternel n'est pas une sorte de paradis pour Francs-Maçons. C'est l'appellation symbolique de tout l'espace que tous nos Frères disparus gardent dans nos cœurs et dans notre mémoire. De notre engagement en Maçonnerie, nous ne tirons aucune gloire personnelle. Nos Travaux sont consacrés à l'étude et à la réflexion. Nous pratiquons la générosité discrète, la convivialité et la Fraternité. A bientôt, sans doute. |
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